Lundi matin, levé 5h pour être à MdM à 7h en vélo. Ce devait être une matinée d’observation mais comme il manque de chauffeurs et de médecins ce jour-là, j’ai fait les deux. Je suis le premier arrivé (j’avais oublié le ¼ d’heure guyanais). Les bénévoles arrivent un à un. Nous nous étions beaucoup posés la question pour le programme « accès aux soins en zone rurale dans les Combrailles » de faire participer les « bénéficiaires » du programme à nos activités. Ici la très grande majorité des bénévoles sont dans une situation assez proche de ceux que l’on va soigner. C’est une façon pour eux de se sentir utile et de tromper l’ennui (j’imagine que cela peut également être un atout pour obtenir des papiers). Ils connaissent la culture, la langue, ont été formés aux problèmes sociaux. Certains médiateurs parlent 3-4 langues (portugais, créole (il y en a plus de 10 différents), espagnol…). Ambiance très sympa, on discute autour d’un café en mangeant un fromage de vache local. On parle aussi de Claire Dugleux, la dernière coordinatrice du Rescorda dans les Combrailles et qui est passée ici ensuite. Chargement des camions et départ pour un site informel à Matouri. Pendant le trajet, j’ai droit à un cours de créole comparé (haïtien, guyanais, antillais). On s’installe dans un carbet prêté par une association et où se sont établis des squatteurs. On commence d’ailleurs par débarrasser leurs ordures. Le quartier est similaire à celui où j’avais été pour l’enquête hantavirus. Chemins défoncés, maisons allant de la villa au carbet en ruine, cintrées d’une palissade en tôle et bien sûr, des tas d’ordure ! Nous sommes installés juste en face de l’un d’entre eux.


Ça circule beaucoup, notamment des utilitaires avec du matériel de construction.

Les habitants, essentiellement des haïtiens ont été prévenus la veille. Le plus souvent, ils viennent pour des problèmes sociaux (accès aux droits, à la santé). Ils sont enregistrés et dirigés vers une des tables avec deux bénévoles. Ceux qui ont des problèmes de santé sont dirigés vers les deux tentes médicales, équipées d’une pharmacie et de tout le matériel nécessaire à une consultation.

Première difficulté, identifier le problème de santé et ce n’est pas toujours évident. On règle la bobologie sur place. C’est important la bobologie (mal de tête, mal de ventre, …) et pas forcément facile quand on est habitué à exercer à l’hôpital. Je m’en rends compte chaque fois que je fais de la médecine générale. Ce d’autant que certains symptômes peuvent correspondre à des états d’anxiété ou de syndrome de stress post traumatique. Les cas qui nécessitent des investigations sont orientés vers la PASS de Maturia ou de l’hôpital. Bilan : une centaine d’orientations sociales et 14 consultations médicales. On démonte finalement les tentes et on déjeune ensemble sur place en faisant le debriefing.

Retour au siège vers 15h. Je reprends mon vélo pour l’hôpital.