En métropole, l’homme a soumis et transformé la nature à son image.

La ville et ses ronds-points ont grignoté la campagne. Les zones commerciales se sont substituées aux terres fertiles. A Cayenne, l’homme a bien sûr laissé sa marque. Les bouteilles plastiques sur les plages, les 4×4 dans les bouchons, les grandes surfaces à la périphérie de la ville. Témoins du changement climatique, la mangrove et la boue ont gagné sur la mer. Pourtant ici, toutes ces preuves de la présence de l’homme paraissent en sursis. prêtes à se faire dévorer par la forêt au moindre signe de faiblesse. L’humidité ronge tout. Une armée végétale se tient prête à partir à l’assaut. Et c’est elle qui aura le dessus. C’est à la fois effrayant et rassurant. Notre pouvoir de nuisance est limité. C’est plutôt une bonne nouvelle.

La montagne du tigre se situe à une encablure de chez nous. Son sommet était habité il y a peu par des militaires. Le site a été fermé en raison de cas de fièvre Q (on trouve la bactérie, Coxiella burnetii, dans les déjections du sol). La forêt y a repris ses droits. N’y habitent plus que les singes et les paresseux (d’ailleurs peut-être en cause dans la maladie). Même dans les quartiers bien entretenus des militaires qui continuent à occuper des logements de fonction au bas de la colline, la végétation part à l’assaut des poteaux électriques.
